mercredi 16 avril 2008

Le quinzième d'une longue série

medium_5_embryonC’est tout à la fois, les péchés, les louanges, la parole du Verbe qui semble m’obstruer l’esprit ; de petits tremblements au fond de mon cœur… C’est donc précisément là où je réside, à l’écart, ici et là, à trouver les éléments qui, parfois, recopient les sentiments de mon âme. C’est une impression claire que l’on a, une fois le temps dévorés par la stricte mélancolie, à se tenir devant soi même, son fantôme, et que l’on dévoile son intérieur tel qu’on le voit. Les paroles s’envolent, fuient vers l’altérité et s’échappent de celui qui parle ; c’est répondre de soi, devant et par nous-mêmes, parce que l’on ne s’adresse toujours qu’à soi, ni à l’autre, ni à eux… Juste nous-mêmes, toujours.

Il se forme bien un accomplissement singulier, propre à notre chair, s’agissant de réflexions consacrées à notre avenir ou bien à la question du temps. Mais, en ce sens, la permanence de rechercher sa propre identité semble d’une puissance inachevée, comme de se trouver contaminée par le Sensible Echec qui nous ronge depuis si longtemps.
Nous voilà bien désordonnés, car ni le couple, ni le matériel, ni le concret ne pourraient répondre à cette souffrance. L’image mobile de la réalité se colle sur nos prunelles, une curieuse action, mais frappante au point de tendre le doigt vers l’Eternité et de crier haut et fort, « Oui, qu’il est tentant, si comme nos hôtes, à notre naissance, ont considérés que nous serions comme tels, alors ils ne seraient fondateurs, mais simplement des gestes qui autorisent un rapprochement incertains entre nous et le monde ! » Mais il n’en est pas, nous ne sommes pas compris, et nous coulons en permanence et comparons nos actes et événements à une hantise qui nous fait articuler comme de vulgaires pantins.

[…]

J’ouvre cette boîte, fixe la Mort, rabats le couvercle. Je vais ensuite vers la Vie, et enlève le drap pure qui la recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. Je m’en vais à la porte, m’arrête, me retourne, contemple, et pars. Fini, c’est fini. Le sang s’ajoute aux souffrances, puis s’en va périr soigneusement sur le tissu.

Je ne peux pas me lever si innocent et me coucher toutes les heures en pleurant, à renaître de mes propres coups. Mais est ce que mes souffrances se valent ? Fier, plus on est grand et plus on est bien, mais encore, à finir, il est temps que cela finisse. J’hésite, c’est bien ça, encore à descendre, toucher le fond, se noyer dans ma bile, ma folie !

[…]

J’empeste l’air, prépares-moi, vas me coucher ! Montres-moi qu’elle est blanche, qu’en soulevant mes paupières, je puis la regarder et rougir ; de mon grand loisir, aller me reposer dans la poussière, comme un objet, et fermer les yeux ; tandis que dans le chemin, je vois une coccinelle mourir. Tout a toujours déjà existé et rien ne finit jamais, que je sois harmonieux, apaisé et porté par les rythmes incessants d’un poème simple et épuré, attentif à ma personne. Que des mains d’enfants perdent de leur tiédeur, se pétrissent, et finissent au pas d’une porte, immobiles. Que l’on donne un coup de sifflet, que le train parte.
Ce sera là que je me pencherais à la fenêtre, et contemplerai la scène. Je me retournerai pour susurrer à ma propre oreille, « Je suis seul ». Parce que l’on ne s’adresse toujours qu’à soi, ni à l’autre, ni à eux… Juste nous-mêmes, toujours.

Posté par teroret à 04:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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