vendredi 29 février 2008
Le troisième d'une longue série
Ma cause, même conservée, engendre une réalité qui n’est qu’une opération de l’esprit. Les êtres sont constitués de leur corruption, semble-t-il, et recherchent la revanche, plus approfondie. Mais ils n’échappent pas à l’apprentissage, celui au nom de la « liberté », de la « paix » et du « respect ». Ah, et dire que tout cela a été fabriqué de toute pièce, au fur et à mesure que leur tentation nihiliste ne peut que les renforcer… Même leur amour est un obstacle ; les amis, les diplômes, les règles : tout.
Ils partent construire des sentiments originaux, afin d’appartenir à un groupe. Ils se préjugent eux-mêmes, se poussent à refuser toute contrainte de la vie moderne. Mais encore faut-il atteindre la réalité ; une espérance inébranlable que je puise pour ces gens-là. Il ne suffit pas de la dire, il faut l’affirmer, qu’autrement et sans se contredire, que leurs opinions revendiquent la dégradation, le meurtre de l’existence.
[…]
Je me sens comme un chiendent au milieu d’un magnifique jardin, miséricordieux, et j’entends les grossiers claquements de leurs mains, portant atteinte à mon corps. J’ai dû échouer ! Une contradiction qui leur inspire le désir de se montrer davantage cruels, comme être libre et de mimer leurs présences. Ils ne se distinguent même pas l’un de l’autre, ils sont aveuglés par leurs propre dispositions, jouissent ardemment de toutes créatures ; suis-je si faible pour avoir à les aider ? Ne serais-je pas ce qu’ils ont été ? Deviendrais-je Eux ?
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